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Extinction: Un effondrement Details
Brebis galeuse d'une famille attachée à ses traditions, héritier d'un domaine dont il n'a que faire, Murau, le narrateur, rentre au château familial de Wolfsegg, en Autriche, pour enterrer ses parents et son frère, morts dans un accident de voiture. Dans ce lieu grandiose, aux rites respectés et bafoués à la fois par son père, ancien membre du parti nazi, et par sa mère, maîtresse de l'archevêque Spadolini, haut dignitaire du Vatican, Murau évoque le passé, les souvenirs inquiétants, comme pour se désenvoûter de cet univers oppressant, et " éteindre " définitivement tout ce qui le rattachait encore à son enfance et à sa jeunesse. Dans cet ultime roman, Thomas Bernhard se livre à une analyse familiale caustique et jubilatoire. II met en scène les personnages les plus vils et grossiers, sinistres marionnettes dans une tragédie moderne emplie d'amertume.

Reviews
Se guérir du nazisme, du catholicisme, de l'Autriche, et liquider le passé (« mon récit n'est là que pour éteindre ce qui y est décrit »), par une épuration radicale, telle semble l'intention vitale de Thomas Bernhard dans toute son ?uvre, que couronne Extinction.Dans son dernier roman, l'auteur donne la parole à un narrateur qui n'est pas lui, mais pourtant lui aussi (il se propose même d'écrire Extinction !), un homme de quarante-huit ans qui enseigne l'allemand à Rome et qui, moins d'une semaine après le mariage d'une de ses s?urs, revient en Autriche pour l'enterrement de ses parents et de son frère, victimes d'un accident.Composé de deux blocs d'environ 250 pages sans paragraphes (Le Télégramme, Le Testament), et scandé par le martèlement impitoyable de répétitions hypnotiques, jusqu'à l'épuisement du sujet, ce texte absolument virtuose, qui joue avec brio sur la temporalité, et les niveaux de discours, se trouve servi par la langue impeccable de la traduction.On pourra rapprocher Extinction (Auslöschung) de L'Homme sans qualités, quand, à la fin de la seconde partie du roman de Musil puis au début de la troisième, Ulrich se rend à l'enterrement de son père. Il y retrouve sa s?ur, Agathe, qui lui confie son envie de tuer son mari. Peut-être pas le tuer, mais "l'éteindre" (Aber auslöschen möchte ich ihn !), au sens figuré le verbe allemand auslöschen signifiant effacer, et même éradiquer.


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